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Breakfast   at Tiffany's.overblog.com

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"Lorsque tu écris l'histoire de ta vie, ne laisse jamais une autre personne tenir la plume pour toi"


Je vois ce que c’est, vous êtes con ! ah bon ? et c’est grave docteur ?

Publié par Michel T sur 4 Juillet 2018, 12:24pm

Amis lecteurs, érudits que vous êtes puisque vous avez le bon goût de lire ce blog, d’abord je dirai merci à l’Odieux Connard qui m’a laissé pomper son odieux blog..... !!

 

Vous connaissez tous et toutes le Point Godwin, théorie expliquant que toute conversation sur internet implique que plus celle-ci dure, plus il y a de chances qu’une référence aux nazis soit amenée par l’un des interlocuteurs.

Cela est convenu ? Fort bien.

 

Pourtant, il existe certaines conversations qui, elles aussi, disposent d’un passage quasi-inévitable ....

Vous avez probablement déjà vécu la chose dans votre misérable vie, alors plutôt que de vous énoncer quelque théorie, mettons-nous directement en situation pour faire remonter quelques souvenirs.

Je vois ce que c’est, vous êtes con ! ah bon ? et c’est grave docteur ?

Un soir d’automne, vous voilà invité avec quelques autres ribauds chez de vieux amis , profitant de la soirée, vous vous laissez aller à la discussion autour de quelques verres qui réchauffent tant les corps et les esprits alors que dehors, le vent rafraîchi par l’inévitable approche de l’hiver fait tournoyer les feuilles mortes sur le bitume. Eh, Oh c’est bien écrit ! dites pas le contraire .... !

 

Le maître de maison, probablement mis à l’aise par votre agréable compagnie ainsi que par les amuse-gueules qui viennent d’arriver sur la table du séjour, se lance dans un sujet fort classique : le cinéma.

Evidemment, comme vous êtes un être bien éduqué, vous feignez un quelconque intérêt pour son propos tout en jetant quelques coups d’œil à l’immense décolleté de la maîtresse de maison, dont les lourds soubresauts présentent bien plus d’intérêt que l’opinion de vos amis sur le dernier Harry Potter.

 

Rien de bien étonnant jusque là, j’en conviens ; mais c’est alors que se joue le véritable drame, puisque votre ami, lancé dans une diatribe solitaire, déclare tout de go qu’il apprécie non seulement Matrix, mais en sus, qu’il convient selon lui de qualifier la chose  d’excellente trilogie.

 

Bien éduqué, vous ne lui écrasez pas immédiatement votre cigare sur un téton et vous contentez de vous enfoncer dans l’épais fauteuil dans lequel vous avez été installé en feignant une relative indifférence afin de ne pas troubler son exposé sur toutes les qualités de ce triptyque traitant de la vie difficile des amateurs de cuir dans le milieu de l’informatique (un véritable drame).

 

Après avoir longuement écouté votre hôte vanter la philosophie matrixienne et parler les larmes aux yeux de la poésie d’une fusillade au ralenti, vous profitez d’un silence seulement troublé par le bruit de déglutition de quelque Martini chez l’un des autres invités pour lâcher laconiquement un :

-« Personnellement, je n’ai pas aimé.

 

Auriez-vous laissé filtrer une flatulence aussi claironnante que nauséabonde que l’effet en eut été semblable... !

 

L’ambiance enjouée jusqu’alors retombe lourdement, la maîtresse de maison laisse choir son plateau de délices à grignoter, et monsieur son mari semble aussi choqué que si vous veniez de lui annoncer que son fils unique avait abandonné ses études d’ingénieur pour se tourner vers une carrière de danseur de tektonik, ou pire, de journaliste au Figaro.

Face à votre blessant propos, mortel verbe venu meurtrir ses chairs, il ne voit qu’une seule réponse adaptée :

-« C’est passque t’as pas compris, faut que tu les revoies

 

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, nous sommes face à un Point Ciné-Pipeau, du nom du célèbre instrument utilisé par les rhétoriciens à court d’arguments.

 

Je théorise donc celui-ci de la manière suivante :

-« Lors d’une conversation sur le cinéma, plus le temps passe, plus il y a de chances que quelqu’un explique aux autres que s’ils n’aiment pas un film, c’est parce qu’ils ne l’ont pas compris, et doivent donc le revoir pour réaliser leur faute. »

(Si vous n'aimez pas le dernier livre de Sarko ou de Hollande, c'est que vous n'en avez pas saisi toutes les subtilités : relisez-le)

 

C’est bien connu, tout comme votre grand-mère répétait en vous jetant un regard rempli de mépris et de cataracte :

-« Si le petit n’aime pas les choux, il faut encore lui en faire manger, il finira par aimer !

(Mais si, souvenez-vous, à chaque fois que vous sentez de l’urine, vous pensez à elle, c’est un peu votre madeleine de Proust....j’parle de vot grand-mère, j’dis ça pour ceux qui suivraient pas !!!

 

 

Donc, pour bien ficeler mon argumentation ,comme dit mon boucher en me préparant mon rosbif, vous trouvez aujourd’hui quelques énergumènes pour vous expliquer que si vous n’aimez pas un film, c’est parce que vous ne l’avez pas compris, ce qui revient à dire que vous êtes trop bête par rapport à votre interlocuteur pour comprendre à quel point le film est objectivement génial et qu’il est donc impossible de ne pas l’aimer. Imparable !

 

Car c’est un fait avéré, les préférences cinématographiques n’ont rien à voir avec le goût de chacun, mais plutôt avec la raison pure et la logique mathématique comme chacun sait.

 

Quelle idée : les goûts auraient un rapport avec le goût. Quelle idée saugrenue !

 

Ainsi, l’argument est par exemple régulièrement ressorti, généralement lorsque vous déclarez (si jamais cela vous arrive), que vous n’avez pas aimé, par exemple, un Tarantino.

Vous retrouvez toujours sur votre chemin quelque jeanfoutre pour se mettre sur votre route :

 

-« Non, le film est génial ! Si tu ne l’as pas aimé, c’est parce que tu n’as pas vu toutes les références cinématographiques qu’il a glissé dans le film ! Tu dois retourner le voir ! »

 

Ah bin oui, je vais m’infliger ça une deuxième fois !!

 

Et quand bien même, je verrais plus de références (en supposant que j’en ai loupé), ça ne changera rien au scénario, aux personnages, à la réalisation, et de manière générale, au film.

 

Aussi, je verrai juste deux fois un film que je n’aime pas.

Et non, le film ne change pas de séance en séance :

c’est le même qui est projeté, compris ou pas compris.

Donc non, vraiment je ne le regarderais pas deux fois !!

 

Et d’abord, qui peut bien sérieusement avoir ce genre d’argumentation à part, éventuellement, un koala défoncé au crack (les koalas aiment le Zamal au moins autant que le cinéma, c’est prouvé ?)

 

Parfois, l’argument est pire encore : tenez par exemple, prenons le film Avatar.

J’expliquais dernièrement à quelques fieffés galopins ,que voilà, le scenario était tout de même un peu consternant, et, qu’à ce titre, le film ne m’avait pas émerveillé.

 

Il s’en trouva tout de même un pour me dire :

- « Comment, t’as pas aimé ? C’est parce que tu l’as pas vu en 3D, va voir tu verras.

 

J’ignore par quelle puissante trépanation au tournevis mon interlocuteur en était arrivé là.... !

 

Mais qu’on se le dise :

La 3D n’ajoute une dimension qu’à l’image, pas au scenario, ni même aux dialogues (attendez, il y a des dialogues dans Avatar ?!).

 

Un film avec une histoire toute pourrie et des incohérences grosses comme Michel Platini ne change pas d’histoire quand on enfile les lunettes qui vont bien.

 

Pourtant, pour certains, l’argument est ultime :

-« Si tu n’as pas aimé tel film, c’est que tu ne l’as pas vu en 3D, retourne le voir

 

Sauf que non seulement, on ne me parle pas à l’impératif, c’est un coup à perdre une molaire ou deux, mon passé avec mes p’tits copains manouches remontant à folle allure lorsque le besoin s’en fait sentir,

Mais ,lorsque je précise que je n’ai pas aimé le fond, inutile de me dire d’y retourner en changeant la forme !

 

La manœuvre est digne d’un blog de connard.....

 

- « Tiens, puisque ce que je raconte est profondément nul, je vais écrire de toutes les couleurs et rajouter des gifs animés avec des petites fées qui scintillent pour que la forme fasse passer le fond. »

 

Hélas, cela ne rattrape en rien les abominables écrits intitulés :

« 12 bone raison d’aimé Justin Bieber ».

 

Sans compter que cela pique les yeux des honnêtes gens, voire les amène à pleurer des larmes de sang. Alors par pitié, arrêtez de m’emmerder avec la 3D, ce n’est pas chrétien, merde alors !

 

Justin Bieber prépare un concert en 3D, bof, ça ne changera rien au niveau de ses chansons, mais bon.

 

D'ailleurs, un concert avec des vrais gens sur une vraie scène, ce n’est pas déjà en 3D ?

 

Ces conversations prolifèrent de plus en plus, car de nombreux films et séries permettent désormais à chacun de trouver sa propre interprétation des choses :

 

 Matrix, matrice dans la matrice ? 

 

Inception, et si tout cela n’était qu’un rêve ? 

 

Lost, mais diable, que de questions encore en suspens !

 

La vie cachée de Bernadette Soubirous, heu, non, ça c’est un mauvais exemple....

 

 

De fait, grâce à la magie des scénarios à trous ,aussi appelés « scénarios où on ne se fait pas chier à justifier quoi que ce soit, ça fera jaser les spectateurs qui tenteront eux-mêmes de combler les vides avec leur imagination sans limite, nombreux sont celles et ceux ,qui pour combler le néant abyssal de certains artifices scénaristiques, s’inventent leurs propres théories ou pire, voient plus de références que le réalisateur du film lui-même !

 

 Aussi se persuadent-ils tout seul qu’ils sont face à une oeuvre profonde et magistrale, que seuls des esprits aussi affûtés que les leurs peuvent comprendre :

 

Le béotienanalphabèteinculte uniquement, pourrait donc connaître quelque désamour avec ces créations...

 

Alors lecteurs, lectrices, créatures éthérées et vaporeuses qui lisez ces lignes, je vous en conjure :

 

La prochaine fois que quelqu’un vous fait le coup du

-« Non mais t’as pas compris en fait, c’est pour ça que t’aimes pas, faut que tu y retournes« ,

 

Si vous ne tabassez pas tout de suite votre interlocuteur à coups de barre à mine, soulignez lui au moins qu’il vient d’atteindre le Point Ciné-Pipeau, sommet de l’incohérence argumentaire, utilisé par les ayatollahs du 7eme art pour laisser entendre qu’un film est, bien plus qu’une question de goût, c’est une oeuvre objectivement géniale. Ben oui....ça se dit !!  Je pleure ,j’en peux plus ....

 

 

Evidemment, certains d’entre vous ne seront pas d’accord avec ce qui est écrit.

C’est donc forcément qu’ils n’ont rien compris : relisez-le texte, c’est tout !!!!

 

 

Je vois ce que c’est, vous êtes con ! ah bon ? et c’est grave docteur ?
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