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"Lorsque tu écris l'histoire de ta vie, ne laisse jamais une autre personne tenir la plume pour toi"


Ça ,c’est pour ceux qui n’ont pas eu la chance de naître avant 1950 !

Publié par Michel T sur 22 Janvier 2019, 12:51pm

Connaissez-vous Ferdinand Lop ?

Ça ,c’est pour ceux qui n’ont pas eu la chance de naître avant 1950 !

Ferdinand Lop, dit également Samuel Ferdinand-Lop, est né le 10 octobre 1891 à Marseille et mort le 29 octobre 1974 à Saint-Sébastien-de-Morsent en France.

 

C’est un journaliste, dessinateur, répétiteur d'anglais, écrivain, poète, humoriste et philosophe de café français, connu surtout pour sa candidature perpétuelle à l'Académie française et aux élections présidentielles et ses slogans :

 

- « Tous pour le Front Lopulaire ! »

et 

-« Au char de l’État, il faut la roue d’un Lop ».

 

 

Il commença dans la vie comme assistant parlementaire et chroniqueur parlementaire au journal satirique Le Cri du Jour, fondé par Albert Lévy en 1926, mais ses excentricités le firent chasser du palais Bourbon.

 

Journaliste, dessinateur de talent, auteur d'ouvrages sérieux sur les possessions coloniales de la France, il devint à partir de 1932, poussé par un tempérament fantaisiste, une figure pittoresque, bientôt légendaire, du quartier Latin, de la Sorbonne à l'Odéon.

 

Reconnaissable à son épaisse tignasse de cheveux roux, ses lunettes, sa petite moustache, son grand chapeau noir à la Léon Blum et son nœud papillon, il avait fait son QG de la Taverne du Panthéon et haranguait les étudiants sur le boulevard Saint-Michel ou rue Soufflot dans les années d'avant et d'après-guerre.

 

 

Pendant la IVe République, de 1946 à 1958, ce « licencié ès canulars », éternel candidat malchanceux à la présidence de la République (en même temps qu'à l'Académie française), avait bâti un programme électoral, baptisé :

« lopéothérapie », qui préconisait :

 

 

- l'extinction du paupérisme à partir de dix heures du soir ;

 

- la construction d'un pont de 300 m de large pour abriter les clochards ;

 

- le prolongement de la rade de Brest jusqu’à Montmartre

 

- l'extension du boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer (dans les deux sens)

(proposition reprise d'un candidat loufoque antérieur, Paul Duconnaud)

 

- l'installation d'un toboggan place de la Sorbonne pour le délassement des troupes estudiantines ;

 

- la nationalisation des maisons closes pour que les filles puissent avoir les avantages de la fonction publique ;

 

- le raccourcissement de la grossesse des femmes de neuf à sept mois ;

 

- l'aménagement de trottoirs roulants pour faciliter le labeur des péripatéticiennes ;

 

- l'octroi d'une pension à la femme du soldat inconnu ;

 

- l’installation de Paris à la campagne pour que les habitants profitent de l’air pur ;

 

- la suppression du wagon de queue du métro

 

 

Il expliquait le caractère vague de son programme par la crainte qu'on ne le lui vole.

Il préférait « attendre d'être au gouvernement pour le révéler ».

 

Suivant l'exemple des campagnes présidentielles américaines, il avait adopté un air de campagne (campaign air), en l'occurrence The Stars and Stripes Forever, l'hymne officiel américain, non sans y plaquer la répétition de son patronyme comme paroles :

 

-« Lop, Lop, Lop Lop Lop, Lop Lop Lop ! Lop Lop Lop, Lop Lop Lop, Lop Lop Lop Lop ! ».

 

 

Ça ,c’est pour ceux qui n’ont pas eu la chance de naître avant 1950 !

Le quartier Latin se partageait en deux camps par rapport au candidat :

 

les partisans de Lop ou « Lopistes » (« Lopettes » étant un qualificatif employé par leurs ennemis) ;

les opposants étaient les « Anti-Lop » (ou « Antilopes »).

Quant aux tièdes, aux indécis, c'étaient des « Interlopes ».

 

Les réunions avaient lieu dans une salle baptisée la « salle Lop ».

 

 

Étudiant à Sciences-Po en 1935, François Mitterrand fréquentait beaucoup Ferdinand Lop, le rencontrant souvent à son Q.G., le café de La Petite Chaise, tout près de l'École.

Henri Thieullent se souvient qu'un jour, François Mitterrand lui avait présenté Ferdinand Lop comme « son ministre des Affaires étrangères », lui-même étant « Premier ministre ».

 

Après les premières élections législatives du 21 octobre 1945 qui suivirent la fin de la guerre, on vit Ferdinand Lop remonter le Boul' Mich en habit, dans une vieille décapotable, saluant la foule de ses électeurs, son haut-de-forme à la main. « Il avait, parait-il, obtenu une voix, la sienne… ».

 

En janvier 1946, l'association générale des étudiants de Rennes (l'AGER) reçut Ferdinand Lop à l'occasion de la relance du défilé du Mardi gras.

Il prononça un discours et défila sur un char en leur compagnie .

 

Le 1er avril 1949 eut lieu une fausse remise de la Légion d'honneur à Ferdinand Lop, devant un millier d'étudiants en liesse.

On invoqua Winston Churchill et Joseph Staline pour rappeler que « ces grands hommes s'étaient inclinés devant le génie de Ferdinand Lop, devant ce front immense derrière lequel bat un grand cœur ».

Ferdinand Lop fut dix-huit fois candidat à l'Académie française, entre 1936 et 1966. La dernière fois, ce fut contre Maurice Druon. Il obtint en tout et pour tout deux voix.

 

Il avait tiré de ses innombrables échecs un livre :

-Ce que j'aurais dit dans mon discours de réception à l'Académie française si j'avais été élu-

 

On prête au « Maître », ainsi que l'appelaient ses partisans, les pensées, maximes et aphorismes suivants :

 

 

- « À se retirer trop tôt, on n’engendre pas » ;

 

- « Mes amis, pour faire baisser le prix des produits laitiers , il faut remplacer les vaches par des tôles. Parce que les tôles on-du-lées » ;

 

- « Ce n’est pas une retraite, c’est une progression vers l’arrière pour raisons stratégiques » ;

 

- « La politique, c’est une femme que l’on courtise et que l’on aime » ;

 

- « Les partis politiques sont des champignonnières sur le dos du corps électoral » ;

- « Pour dominer, il faut savoir se montrer fort » ;

 

- « J'ai un plan : il faut remédier à la situation par des moyens appropriés ».

 

Ferdinand Lop fut un auteur prolifique. Dans les années 1920 et 1930, il publia chez des éditeurs plusieurs ouvrages universitaires sur les colonies de la France :

-La Tunisie et ses richesses (1921),

-L'Indochine : aperçu économique (1923),

-Les possessions françaises du Pacifique (1933) .

 

 À partir des années 1940 et jusqu'à sa mort, il édita à compte d'auteur nombre de plaquettes, recueils de maximes, comme Pensées et aphorismes (1951), ou de poèmes, comme Au fil de la pensée (1950), essais historiques, comme Pétain et l’histoire (1957), ou politiques, comme Vers le régime présidentiel (1965), pièces de théâtre, comme Le Veau d’or. Pièce biblique en vers (1971), etc

 

 

 

Il est mort, dans la misère et dans l'oubli des générations qu'il avait fait rire, à l'âge de 83 ans, le 29 octobre 1974, à Saint-Sébastien-de-Morsent dans l'Eure, où il est enterré.

 

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