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"Lorsque tu écris l'histoire de ta vie, ne laisse jamais une autre personne tenir la plume pour toi"


La réalité est mille fois pire que la fiction la plus folle .....

Publié par Michel T sur 17 Février 2019, 15:57pm

La mort de Reinhard Heydrich et la fin de Lidice .

 

Source : Le IIIème Reich . DES ORIGINES A LA CHUTE . De William L. Shirer. Volume 2 - Pages 362/63/64/65. Editions STOCK .Edition 1353. 15 février 1962.

 

Vers le milieu de la guerre, un premier châtiment vint frapper les maitres de l’Ordre Nouveau , coupables d’avoir décimé les nations conquises .

Reinhard Heydrich, chef de la sureté et de la SD, chef adjoint de la Gestapo, policier diabolique au long nez et au regard d’acier, ce génie de la « solution définitive », Heydrich-le-bourreau, comme on l’avait surnommé dans les territoires occupés , trouva une mort violente .

Reinhard Heydrich

Reinhard Heydrich

Assoiffé de pouvoir , intriguant en secret pour évincer son chef Himmler , il s’était fait nommer ,en plus de ses autres fonctions,  Protecteur par intérim de la Bohème et de la Moravie .

L’ex protecteur le vieux Konstantin Von Neurath avait été mis en congé illimité par Hitler en septembre 1941.

Heydrich l’avait ainsi remplacé sur l’ancien trône des rois de Bohême au Hradschin , le château de Prague .

Heinrich Himmler

Heinrich Himmler

Konstantin von Neurath

Konstantin von Neurath

Dans la matinée du 29 mai 1942, alors qu’il se rendait dans sa Mercédès découverte , de sa maison de campagne au Hradschin, une bombe d’origine anglaise fut lancée sur lui. Elle fit voler sa voiture en éclats et lui brisa la colonne vertébrale . Elle avait été jetée par deux Tchèques, Jan Kubis et Josef Gabeik , de l’armée libre Tchécoslovaque formée en Angleterre et qui, tous deux, avaient été parachutés par la R.A.F.

Bien équipés pour leur mission, il réussirent à s’échapper grâce à un écran de fumée , et ils trouvèrent refuge auprès des prêtres de l’église Saint-Charles-Borromée , à Prague .

 

Heydrich mourut de ses blessures le 4 juin, et une véritable hécatombe s’ensuivit car les Allemands vengèrent sauvagement , selon les anciens rites teutoniques , la mort de leur héros .

D’après un rapport de la Gestapo, 1331 Tchèques dont 201 femmes, furent exécutés sur-le-champ .

Les coupables, ainsi que 120 membres de la résistance Tchèque qui se cachaient dans l’église Saint-Charles-Borromée , furent assiégés par les SS et tués jusqu’au dernier .*

*D’après Schellenberg qui était là, la Gestapo ne sut jamais que les vrais coupables se trouvaient dans l’église parmi les morts (Schellenberg , le labyrinthe p . 292)

 

Mais ce furent les Juifs qui payèrent le plus cher ce défi à la race supérieure . Trois mille d’entre eux furent arrachés au ghetto privilégiés de Theresienstad  pour être exterminés ; Le jour même de l’attentat, Goebbels fit arrêter 500 juifs sur le petit nombre laissé en liberté à Berlin et, le jour de la mort de Heydrich, furent exécutés à titre de « représailles » .

 

Mais de toutes les suites qu’entraina la mort de Heydrich, , celle qui , sans doute , demeurera le plus longtemps dans la mémoire du monde civilisé  , est le drame dont le petit village de Lidice fut le théâtre.

Lidice est une bourgade proche de la cité minière de Kladno , située non loin de Prague . Cette paisible petite localité fut le théâtre de scènes d’une sauvagerie inouïe .

 

Le matin du 9 juin 1942 , dix camions chargés d’hommes de la Police de Sécurité Allemande , placés sous le commandement du capitaine Max Rostock ** , arrivaient à Lidice et entouraient le village . Défense fut faite à tous les habitants de quitter les lieux ,, mais ceux qui se trouvaient absents du village pouvaient y rentrer . Pris de panique un jeune garçon de douze ans tenta de s’enfuir, il fut abattu .Une paysanne courut vers les champs proches . On la tua d’une balle dans le dos . Toute la population masculine fut enfermée dans les granges, les étables, et le cellier  d’un fermier du nom de Horak , qui était également le maire.

**Pendu à Prague au mois d’aout 1951 .

Max Rostock

Max Rostock

Le lendemain, de l’aube jusqu’à 4h de l’après-midi, on les emmena dans le jardin situé derrière la grange par groupe de dix et, ils furent fusillés par les pelotons d’exécution de la Police de Sécurité. Au total 172 hommes et jeunes gens au-dessus de seize ans furent ainsi exécutés . En outre , 19 résidents du sexe masculin qui travaillaient dans les mines de Kladno , au moment du massacre, furent arrêtés par la suite et expédiés à Prague.

 

Sept femmes arrêtées à Lidice , furent emmenées à Prague ou elles furent exécutées. Toutes les autres femmes de ce village, au nombre de 195, furent transportées à Ravensbrück , en Allemagne, ou 7 furent gazées ,3 « disparurent » et 47 moururent des suites des mauvais traitements.

Quatre femmes sur le point d’accoucher furent d’abord conduites à la maternité de Prague , ou leurs enfants nouveau-nés furent assassinés puis on les expédia à Ravensbrück .

 

Il restait aux Allemands à disposer des enfants de Lidice dont les pères étaient morts et les mères en prison. Ils ne les fusillèrent pas ,même pas les enfants mâles . On les conduisit au camp de concentration de Gneisenau  . Ils étaient 90 en tout et , sur ce nombre, les nazis , après les avoir fait examiner par les experts raciaux de Himmler , en choisirent 7 âgés de moins d’un an pour les envoyer en Allemagne et les faire élever sous des noms allemands. Par la suite on en fit de même pour les autres .

« Toute trace de ces enfants a été perdue » conclut le gouvernement tchécoslovaque dans le rapport officiel qu’il rédigea sur l’affaire de Lidice à l’intention du tribunal de Nuremberg . Heureusement on devait en retrouver quelques-uns .

(NDA) Je me souviens avoir lu en automne 1945 les pitoyables appels des mères rescapées, implorant le peuple allemand de les aider à retrouver leurs enfants et de les renvoyer dans leur  « foyers ».*

*Le 2 avril 1947 , l’U.N.R.R.A annonçait que l’on en avait retrouvé 17 en Bavière et qu’ils avaient été rendus à leurs familles

 

 

Lidice fut effacé de la surface de la terre . Lorsque les hommes eurent été massacrés, les enfants enlevés , la Police de Sécurité mit le feu au village , dynamita les ruines et nivela le tout.....

 

Bien que Lidice demeure l’exemple le plus célèbre de la sauvagerie nazie , il ne fut pas le seul village des territoires occupés à connaitre une fin aussi barbare . Il y en eut un autre en Tchécoslovaquie , Lezhaky ,et  plusieurs en Pologne, en Russie, en Grèce et en Yougoslavie . Mème à l’ouest, ou l’Ordre Nouveau se montrait relativement moins meurtrier , l’exemple de Lidice fut répété par les Allemands . Toutefois , dans la majorité des cas , comme à Televaag en Norvège, les hommes , les femmes et les enfants furent simplement déportés dans des camps de concentration différents et chaque village fut entièrement rasé.

 

Le 10 juin 1944 ,cependant, deux ans après le massacre de Lidice , le petit village Français d’Oradour sur Glane près de Limoges dut payer un terrible tribut en vies humaines. Un détachement de la division SS Das Reich ,

Qui avait acquis en Russie une réputation de férocité , encercla le village et ordonna à ses habitants de se rassembler sur la Grand-Place. Là le commandant leur déclara qu’ils avaient appris que des explosifs se trouvaient cachés dans le village . On allait par conséquent procéder à une fouille et à la vérification des cartes d’identité. Sur quoi toute la population , soit 652 personnes, fût enfermée .

On parqua les hommes dans des granges, les femmes et les enfants dans l’église. Puis les SS mirent le feu au village .

Cela fait les soldats s’occupèrent des habitants. Dans les granges , les hommes qui n’avaient pas péri dans les flammes furent tués à la mitraillette . Dans l’église les femmes et les enfants furent abattus , et ceux qui n’avaient pas été tués furent brulés vifs , les soldats ayant mis le feu à l’église.

Trois jours plus tard l’évêque de Limoges, retrouva les corps calcinés de 15 enfants entassés derrière l’autel détruit par les flammes.

 

Neuf ans plus tard en 1953, un tribunal militaire Français constata que 642 habitants -245 femmes, 207 enfants, et 190 hommes avaient péri au cours du massacre d’Oradour . Dix seulement survécurent. Grièvement blessés , ils avaient fait semblant d’être morts , sauvant ainsi leur vie .**

** Vingt membres du détachement SS furent condamnés à mort par ce même tribunal mais, deux seulement furent exécutés .Les 18 autres virent leurs sentences commuées en peines d’emprisonnement allant de cinq à douze ans.......Le commandant de la division Das Reich, le général SS Heinz Lammerding, fut condamné à mort par contumace . A la connaissance de l’auteur à l’époque ou il écrivit ses 2 volumes (1955)on ne l’avait pas encore retrouvé. L’officier qui commandait le détachement à Oradour (le commandant Otto Dieckmann)  fut tué au combat en Normandie quelques jours plus tard .

 

Otto Dieckmann

Otto Dieckmann

De même que Lidice ,Oradour ne devait jamais être reconstruit . Ses ruines demeurent comme un monument pour rappeler l’avènement de l’Ordre Nouveau hitlérien en Europe . La carcasse brulée de l’église se dresse au-dessus de la campagne paisible , comme un rappel de ce beau jour d’été ou soudain , le village et ses habitants avaient cessés de vivre .

 

Tels furent les débuts de l’Ordre Nouveau de Hitler , tel fut le début de l’Empire des Brigands Nazis en Europe . Heureusement pour l’Humanité , il fut détruit au berceau non pas par une révolte du peuple Allemand contre un retour à la barbarie , mais par la défaite des armées allemandes et la chute du troisième Reich .

 

 

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