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Breakfast   at Tiffany's.overblog.com

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"Lorsque tu écris l'histoire de ta vie, ne laisse jamais une autre personne tenir la plume pour toi"


Ne craignez jamais de vous faire des ennemis ; si vous n'en avez pas, c'est que vous n'avez rien fait (G Clemenceau )

Publié par Michel T sur 1 Juin 2019, 14:57pm

Souvenirs d'Afrique

 

Quand on a dépassé 74 ans , que les anciens , quand on avait dix ans, étaient nés au 19éme siècle....qu’on a été élevé avec les principes qui avaient cours entre 1900 et 1905 , et qu’on se retrouve à l’air des Buzz ,des Geeks, de Twitter et d’Instagram , on mord dans tout ce qui se passe , on apprend vite et surtout ,on se marre beaucoup , et on n’a plus peur de grand-chose....,non ? vous croyez pas ?

 

 

Alors, tiens ,à travers quelques unes de mes histoires ,vous avez constaté que j’ai , un p’tit peu, roulé ma bosse à droite à gauche sur notre foutue planète , ce soir , me reviennent quelques souvenirs d’Afrique ....du temps ou.......

 

Je ne m’étendrai pas sur ce court séjour en prison que je fis 1982 au Congo, j’arrivais à Matadi venant de l’Angola ,par la ‘’route’’.......

Je devais rejoindre à Kinshasa mon copain Slim qui traficotait deux ou trois affaires juteuses et sensibles avec un ponte des chemins de fer, l’ONATRA .

En arrivant à Matadi deux sympathiques gendarmes m’arrêtèrent car je roulais trop vite et trop dangereusement...Ah bon !! Bien que je connaisse le peu d’humour que possèdent les forces de l’ordre un peu partout dans le monde , j’essayais la plaisanterie, le ton badin quoi...eux utilisèrent le ton pas content , même pas du tout content et je me suis retrouvé une heure plus tard devant un commissaire doublé d’un juge qui me condamna à une amende de 250 Zaïres ce qui valait à peu près 500 US$....ils sont fous ces romains !!!

 

 

N’empêche qu’en attendant que mon copain Slim vienne de Kinshasa pour me sortir de mon guêpier et arranger mes affaires ,j’ai du passer deux jours et deux nuits (une horreur les nuits...) à balayer le chemin en terre devant la prison communale avec un balai de branches et de feuilles en me faisant copieusement cracher dessus par une bande de p’tits mômes ....ça les amusait...et de temps en temps ,les gardes qui nous surveillaient, les chassaient mais les coquins revenaient ayant refait provision de salive....

Alors, en parlant de l’Angola, une ou deux petites histoires , en passant...quelques années plus tard .

 

 

Il est quatre heures du matin, il fait chaud, très chaud, en Janvier ,a Luanda en Angola, je loge au premier étage du logement situé dans un ensemble ,une barre ,de 10 cages d'escaliers,8 étages, 2 logements par étage.

 

 

Une odeur me réveille, curieuse odeur, de rance et de brûlé, je me tourne sur le dos, et ouvre les yeux, au pied du lit a deux mètres de moi , je voit une masse brillante, je passe doucement mon bras droit vers le dessous du lit, a la recherche du manche de pioche qui y est caché en permanence .

 

Mes yeux s'habituent, la masse au pied du lit est un mec, il me regarde, sa tète tourne rapidement vers le second lit de la chambre (nous sommes deux par chambre) mais l'autre ne bouge pas , je fait alors le geste d'attaquer car j'ai aperçu dans sa main une Catane (grande machette recourbée ,emblème du pays)

 

 

 Je crie en balançant mon manche de pioche ,qui lui fait tomber la machette, a mon cri effectivement toute la maison est réveillée, et se lance a la poursuite des voleurs ,ils sont trois , nous sommes rapidement dans la rue en slip a leur poursuite !!

 

Comme par un heureux hasard, le bloc voisin du notre ou sont logés des Bulgares est allumé, et un des occupant doit avoir près de lui un Tokarev et il a tout compris , il sait viser ,il tire sur les blacks qui passent  a portée de tir !!

 

L'un d'eux fait un magnifique roulé boulé, il a prit la bastos en pleine tête, l'odeur que j'avais sentie était celle de l'huile de vidange dont s'enduisent les voleurs afin qu'on ne puisse pas les serrer... 

Aussitôt l’incident terminé , 1 minute et 48 secondes après....tout ce qui est blanc est rentré dans les logements.

 

La police arrive, fait semblant de chercher le tireur ,ramasse le macchabé ,voila comment il est passé de voleur a victime.....

 

Dans la journée du lendemain ,sur le chantier ,la commissaire politique est venue nous voir, pour nous demander si nous avions entendu quelque chose, certains ont bien entendu du bruit mais ne savent pas d'où il provenait.... Fermez l’banc, plus rien à voir, circulez !!

 

Cela s'est passé dans le bloc 3 Rua dos combattantes a Luanda en Angola , une péripétie  parmi tant d'autres ...... !!!

 

​​​​​​​

 

Toujours en Angola ,mais sur le chantier , nous étions dans des blocs de 6 m x 2,5 x 2,5  chacun sa chambre il y avait une vingtaine de blocs ,c'était nos logements provisoires ,en attendant la construction de la base prévue pour 35 familles et autant de célibataires .

 

 

L’Angola est une république socialiste, la police toujours prête à obéir a la commissaire politique .

 

Un matin, notre intendant Jack, nous dit qu'il y a eu des vols au restaurant et dans les garde-manger.

 

Nous organisons des rondes de nuit avec tour de garde pendant près de deux semaines, rien ,et plus de vols....

 

Nous avions avec nous dans le camp une cinquantaine de blacks qui travaillaient le jour , cuisinier, électriciens, garçons de cuisine, mécanicien ect.... mais qui habitaient ,eux , à part ,plus loin dans le village .

 

A quelques temps de la ,Jack revient nous voir et nous dit :

-«   le voleur est revenu, mais je sais qui c'est !

 

En effet le voleur avait dans sa fuite perdu son bonnet, un bonnet comme en ont les reggaes ,en laine . En plus nous savions ou il habitait car la journée il travaillait aux cuisines et la nuit il venait faire son casse croûte sans doute .

 

Nous demandons a la commissaire politique la permission d'aller le chercher, mais elle veut venir avec nous ,pas de problème, elle prend dans sa voiture en plus de son chauffeur deux militaires ,et nous étions trois dans notre voiture ....

 

Le voleur habitait à l'autre bout du village .Environ 500 mètres avant notre arrivée, par les pistes , ils nous avaient entendus arriver . Ils étaient trois au partage du butin !  

Ils sautent dans un petit bateau a moteur et commence a se sauver sur le lac qui touchait leur maison... La commissaire arrive , les appelle, ils étaient a environ 40 mètres du bord et ils filaient vers l’autre coté du lac !!

 

Devant leur refus d'obtempérer, la commissaire se tourne vers un militaire et ordonne :

-<< tue le ! >>

 Aussitôt le militaire tire un puis deux coups de fusil ,et deux blacks a la baille, c’est à bouffer pour les crocos !!

 

Le troisième a fait demi tour avec le bateau et il a fini sa journée enfermé dans un fut de 200 litres vide bien sûr, car il n'y avait pas de prison sur le chantier..... il n'y a plus jamais eu de vols au restaurant .....il n’a pas fait d’émules le bougre !!!

 

 

 

Allez, une dernière ,pour la route ....et après j’arrête !

 

 

 

Ajaokuta ,Nigeria 1994 ,nous sommes en chantier  sur une usine métallurgique , pour les blacks. Elle avait été commencé par les soviétiques en 1979 mais c’est nous , un conglomérat français qui l’a terminions....de toutes les façons cette réalisation de plusieurs milliards de dollars s’est révélé être un fiasco au final.....quel gâchis !

 

 

Le samedi après midi et le Dimanche nous allions a la chasse, j'avais racheté a mon supérieur hiérarchique un beau fusil calibre 12 Winchester  canon de 74 cm ,à pompe, avec chargeur 10 cartouches super soit 14 aux dimensions russes . Nous avons fait de beaux cartons ces weekends là ,avec mes copains, Marc, Pierrot, Jeannot et d'autres.... surtout du francolin, sorte de perdrix a grandes pattes, des Pintades aussi ,et quelquefois de  la gazelle . Tout allait bien dans le meilleur des mondes.....belle vie quoi !!

 

 

Un jour je m'emmerdai au camp. Je décide d'aller a la chasse , je me retrouve seul , certains copains étaient en congés et d'autres en déplacement .....Une grosse erreur de partir seul !!

 

Je marchais donc tranquille dans les fourrés, a la recherche de pintades, je les entendais a 300 ou 400 mètres de moi vers une petite marre ou elles venaient boire , elles font un bruit incroyable, je marchais sans bruit.

 

A un moment ,une impression de ne pas être seul.... bizarre car j'étais loin de tout village ou campement , mais après tout ,nous n'étions pas les seuls européens dans le coin, encore que dans ce morceau de brousse, nous n'avions pas souvent vu des chasseurs . Donc , je me cache un peu a l’affût ,et j'aperçoit un broussard ,nègre de brousse, avec un arc , une sagaie  et un fusil local ( a amorce, avec chargement par le canon) , qui avançait , torse nu ,en short ,pieds nus ,sauf que a priori il ne cherchait pas que les pintades lui....

 

 

Je sors de ma cachette, et je vais vers lui ,et lui demande ce qu'il voulait, << Bush Meat>> qu’il me répond ,du gibier !

Au début je lui fait comprendre que je n'en ai pas ,mais il me dit que j'avais déjà tué deux "Bush Meat," c'était vrai ,j'avais déjà tué deux francolins, donc il me suivait depuis un moment .....

 

 

Je lui dis de partir et, avec mon fusil, je veux lui faire peur . Sauf que lui a ce moment là, il plante la sagaie dans le sol et prépare son arc..... !!

 

 

Je me recule en essayant de laisser des arbres et des fourrés entre lui et moi, lui refais signe de partir , nous n'étions pas très loin de ma voiture, et je ne pensais qu'a partir ,il faut éviter le clash ,sauf que la  ,il avait décidé que je n'irais pas a ma voiture sans lui avoir donné mes " bush meat " .La grosse erreur qu'il a faite, il n'avait qu'une sagaie, et un arc, son fusil ne comptait pas et moi  j'avais 14 coups dans mon fusil , la flèche part , je n’ai que le temps de me jeter à plat ventre ,la suite est que moi je suis encore la.....pas lui......c’est trop bête pour deux francolins..... !

 

.Mais je ne suis jamais retourné dans ce coin ou il y avait pourtant beaucoup de pintades.......

 

 

 

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