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Breakfast   at Tiffany's.overblog.com

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"Lorsque tu écris l'histoire de ta vie, ne laisse jamais une autre personne tenir la plume pour toi"


La Mort m'a dit, Peut être.L'Amour m'a dit,Toujours !

Publié par Michel T sur 20 Août 2020, 13:09pm

5h du matin, 19 juin, 1991, mercredi, la nuit s’est pourtant bien passée, pourquoi ai je mal, la douleur m’a réveillé, un brutal serrement dans toute la poitrine , je me lève , j’ai mal , je vais sur le balcon, pieds nus , Sophie dort, je ne l’ai pas réveillé , je tourne la tète de droite à gauche et croise mes mains sur ma poitrine , en deux minutes la douleur a augmenté , dehors il commence à faire jour , quelqu’un sort de mon immeuble, il doit aller à son travail , la douleur continue à grandir dans tout mon corps , les bras, les jambes me font mal , je tourne la tête , regarde ma Sophie et l’appelle , plusieurs fois, de plus en plus fort , j’ai mal dans la gorge quand je parle, elle se réveille, se lève sur un coude , me regarde, me demande :

-‘’ qu’est ce que tu as ? Ça ne va pas bien ? ‘’

- ‘ Non ça ne va pas, j’ai mal dans la tout le corps et ça augmente pendant que je te parle ! ‘’

Elle comprend tout de suite ce qui se passe, prend le téléphone, je n’entends pas ce qu’elle dit à l’appareil, je retourne avec beaucoup de mal jusqu’au lit et me laisse tomber dessus ...j’ai de plus en plus mal.

J‘ai du perdre quelques instants la notion du temps car quand je re ouvre les yeux au pied et autour de mon lit il y a trois personnes en blanc qui me regardent et qui écoute Sophie qui leur parle.

Nouveau blanc pour moi , j’ouvre les yeux, autour de moi les trois personnes, deux hommes et une femme, ont déjà installé tout un appareillage médical, je ne les ai pas vu faire, j’ai mal et j’ai sommeil.... de plus en plus..

Un des toubibs me demande de lui signer une décharge pour ce qu’ils vont me faire, je lui réponds avec difficultés que Sophie doit signer je ne peux pas le faire, il me répond avec de la douceur dans la voix que c’est moi qui doit signer ....Sophie me relève lentement , le toubib s’approche, je prends au ralenti le papier et le stylo avec mes deux mains et j'écris....ce que je crois être mon nom , je vais déclarer forfait , trop mal , trop sommeil, trop de........rideau !

 

 

Sophie raconte,

Elle m’a regardé et dit aux toubibs :

- ‘’Qu’est qu’il se passe ? ‘’

- ‘’ Le cœur fibrille ‘’

- ‘’ Et alors .... ! ‘’

- ‘’ On va le perdre, mais on va tout faire pour le ramener ‘’

Effectivement, elle me voit me redresser tout d’un coup, ouvrir la bouche comme pour dire quelque chose, écarter les bras et retomber en arrière d’un seul coup c’est fini !

Elle me dira, bien après, un jour :

-‘ Tu sais, tu as fais comme font les gamins quand ils jouent à la guerre et que il y en a un qui tombe en arrière en criant j’suis mort ! j’ai pas cru croire que c’était vrai quand je t’ai vu tomber sur le dos et ne plus bouger ......

Un bip en continue se met en route , électrocardiogramme plat , le cœur est arrêté , on ne dispose plus que de très peu de temps , les réanimateurs urgentistes ont des gestes rapides et précis , l’un entame les massages cardiaques , un autre me fait une piqure entre deux cotes , le troisième met en place le défibrillateur , 50 secondes d’arrêt cardiaque , c’est long déjà , les massages continuent , le bip chante toujours , lancinant , 1 minute , les électrodes sont placés sur ma poitrine , Douce regarde la scène comme dans un mauvais film , celui qui tient les deux électrodes dit brusquement :

- ‘’ j’y vais !

Coup sourd et sec qui claque, mon corps tendu comme un arc se soulève du lit brusquement et retombe Sophie est tétanisée par le spectacle.

Deux minutes d’arrêt cardiaque déjà, ça passe très et trop vite, les urgentistes n’échangent que le strict minimum de paroles, ils me refont une piqure intra veineuse, Sophie demande :

- ‘’ Qu’est-ce que vous lui injectez ?

- ‘’ Anticoagulant à haute dose, le plus puissant, il faut faire bouger le caillot qui doit se trouver vers les artères Clavières ’’

Le massage cardiaque continue

- ‘’ pousse toi ! J‘y vais ! claquement, je saute, je retombe inerte

2,30mn que je suis parti ......

Le massage recommence

-’’ Stop ! J’y vais ! Claquement, je saute, je retombe inerte

Le bip continu emplit la pièce de sa note aiguë.

Seconde intra veineuse d’anti coagulant, l’urgentiste dit pour lui même et les autres à coté,

-‘’ J’ai dépassé la dose maximum, je n’en fais plus d’autres après ça ne sert plus rien, tout doit être en hémorragie à l’intérieur sauf peut être ce putain de caillot ! il faut que ça circule, que ça reparte !

-‘’ J’y vais ! Claquement, je saute, je retombe inerte

- Le massage continue, le défibrillateur se recharge presque en instantané ......les 3mn sont dépassés......

Sophie est agenouillée derrière moi sa main caresse mes cheveux, elle ne voit que le haut de mon front, un urgentiste lui demande :

-‘’ Vous savez ce que c’est que cette cicatrice juste en dessous du cœur ? Il a eu une opération déjà ?

- ‘’ Non il m’a parlé un jour qu’il avait eu une discussion qui s’était mal terminée c’est tout ....

-Claquement sec, retombé inerte, massages cardiaques, Bip continu 3,45mn après la vie, Sophie tremble car elle s’enfonce seconde après seconde dans le drame qui continue à se passer, des larmes coulent sur ses doigts qui fouillent de plus en plus nerveusement dans mes cheveux

 

 

Michel  T raconte,

Je ne sais pas ou je suis mais je suis bien, je suis en sécurité , confiant, je ne vois pas et je vois, je n’entends rien et je perçois tout, je ne sens plus rien ni de mon corps ni autour de moi , je crois que je tourne sur moi même sans savoir si c’est moi qui bouge ou si c’est autour de moi que tout bouge , je n’ai ni droite ni gauche , ni haut ni bas .Près de moi ...qu’est ce que ça veut dire près de moi...le gris est plus clair , il commence à devenir de plus en plus clair jusqu’a former un cercle lumineux , je ne sais même plus ce que veux dire cercle , j’emploie ce mot pour écrire mais l’ai-je seulement pensé dans ces moments là , non j’en suis sûr , Dieu que je suis bien, je n’ai jamais ressenti un tel état , je suis ....le bonheur à l’état pur , sans contrainte, sans corps, une onde de bonheur c’est tout .

Dans la scène ou je suis le cercle brillant a grandi encore je sens qu’il me touche, plus il s’approche plus je suis heureux, heureux à un point qu’aucun être humain vivant ne peut concevoir, imaginer, comprendre mes mots.

C’est l’extase infini, je ne veux plus m’en aller, Sophie est aussi dans ma scène, apparue sans que je la voie, en bas ? En haut ? Je ne sais pas, ou elle est mais elle est là, comme le chaud et le froid, je ressens d’une part cette jouissance de bien être calme et immense qui me baigne et, mêlé intimement, une caresse de tristesse, est ce Sophie .... ? les deux sentiments se mêlent et s’opposent je suis dans la lumière, elle ne m’aveugle pas....comment pourrais je voir, je vois c’est tout parce que c‘est là.

La tristesse me suit en même temps que j’avance baigné dans un plaisir intense, immense, grand, tout est plaisir ou je suis .De brillant, le bout de la lumière ou je me rends est devenu étincelant mais doux, les couleurs sont palpables diffusent des sentiments, c’est merveilleusement extraordinaire , je n’ai pas de mot dans mon langage pour décrire tout ce que je ressens .

J’avance toujours vers cette lumière, enfin avancer, est ce que j’avance, je ne bouge peut être pas ? je suis tout et rien, maintenant je suis complètement aspiré par ce tunnel lumineux , heureux , peut être est-ce le chemin de la deuxième vie celle qui finit la naissance , je sens derrière moi une trainée triste que je tire et qui se tend , est-ce Sophie, toujours attachée à moi , je ne saïs pas , je ne peux pas la voir , ni comprendre, je sais que c’est elle c’est tout.

Le bonheur me submerge c’est une vague de plaisir incontrôlée car je suis la vague parfaite , entière , pleine , qui m’offre ce qui n’existe pas dans le monde d’où je viens , je ne suis même pas rassasié de ce bonheur , ou je suis , ce bonheur ne peut pas avoir de fin , c’est peut être ça l’éternité ....

Il va y avoir pourtant une fin à tout ça , je le ressens ,je le sais, c'est en moi, il va y avoir une cassure , la tristesse de Sophie est toujours là ,elle me suit , derrière moi, elle fait partie de moi , elle est étrangère à cette lumière ou je me noie, heureux comme jamais je n’ai été , je devrais maintenant être seul dans mon bonheur , là ou je suis Sophie n’a plus rien à faire , elle ne doit pas être là et pourtant....elle y est toujours .

Je sens que je suis au bord du bout de la lumière. Après cette limite il y a autre chose qui m’appelle , plus fort , plus beau , plus magnifique encore que ce que je viens de ressentir , Sophie est toujours avec moi , et il me semble que je tourne sur moi-même ...est ce moi qui tourne, je ne vais pas plus loin, je m'allonge dans ma jouissance , prêt, offert à tout ce qui m’appelle , et pourtant je me roule sur moi même comme un galet qui n’arrive pas à franchir la passe !

Deux ‘’ présences ‘’ me poussent, je ne sais pas qui ou quoi s’est emparé de moi, il y a deux masses aussi inconsistantes que moi qui me repoussent, la lumière fuit, ou, je ne sais plus ou elle est, je baigne dans le gris, ou est la lumière! Je ne sais plus ! Et toujours ces deux présences qui me poussent par derrière, de chaque coté de moi, comme si il y avait un devant, un derrière, des cotés ! Je file, de plus en plus vite, mes deux ‘’ compagnons ‘’ me noient de bonheur amical, mais ce n’est déjà plus la magie immense que je viens de connaitre, plus je m’éloigne d’où j’étais, plus la panique triste remplace ce que j’ai touché, effleuré, l’absolu pur du bonheur....

Sophie est devant moi, ni loin ni près, elle est devant , avec elle d’autres formes l’entourent , je ne la vois pas mais je sais que c’est elle , je vais de plus en plus vite , mes deux accompagnateurs sont toujours à mes cotés , que d’amitié , que de chaleur heureuse ils dégagent et moi , je me déchire, je pleure d’abandonner ce que j’ai entre aperçu , j’ai mal d’être abandonné , j’ai mal de quitter tout ce que j’avais , tout ce qu’on m’avait donné , pourquoi ! mais pourquoi me chasse t on ! j’étais si près.....

Sophie et d’autres personnes forment un groupe sur mon chemin ,au milieu d'eux ,allongé , moi.

On dirait un tableau, ce n’est plus le gris qui m’entoure, c’est un brouillard rose, je vais de plus en plus vite aspiré par ces formes devant moi , je suis triste , malheureux , ça me déchire de partout .....Comme un enfant qu’on arrache des bras de sa mère ou il dormait. mes deux compagnons qui me montraient le chemin du retour ont disparus, je finis la route seul, pauvre, terriblement triste, je souffre ! marqué par l’abandon que je viens de subir, je suis orphelin à tout jamais !

 

 

Sophie raconte ,

Les massages continuent ,

-''J'y vais, claquement, il retombe ''

On arrive à presque 4 mn , tout le monde sursaute , le Bip de l'ECG n'est plus continu , le cœur est reparti , les urgentistes font très vite ,réanimation , piqures, oxygène, massages , on aide les poumons à fonctionner , La FC est à 38 battements par minute , rien n'est gagné , tout peut s'arrêter .

Sophie est tétanisée, elle n'ose plus faire un geste de peur que le cauchemar recommence ; Prise de sang pour un cliché au sortir de l'infarct , se sera utile pour ceux qui vont prendre la suite en soins intensifs,

Il n'a toujours pas ouvert les yeux, Sophie regarde les urgentistes :

- ‘’ Il s’en est sorti ?

Les toubibs se concentrent sur lui et ne lui répondent rien, La FC est à 50 par minute

Tout d’un coup il ouvre les yeux, les regardent tous, Sophie a les yeux pleins de larmes trop retenues .

Les premières paroles de Michel sont :

- ‘’ Merci de m’avoir fait revenir, mais j’étais tellement bien là bas.....vous ne pouvez pas me faire retourner ou j’étais ....’’

Tout le monde éclate de rire, Sophie rit et pleure, un toubib répond :

- ‘’ Attendez avant de repartir, pour l’instant on vous garde avec nous ! ‘’

Sophie s’agenouille à coté de Michel elle lui prend la main, elle est vidée, fatiguée , elle n’a plus de ressort , l’épuisement se voit sur tout son corps ,sa route a été longue, elle n’a pas voulu qu’il s’en aille, elle ne l’a pas quitté sur le chemin ou il s’en allait , elle a été le rechercher là ou on ne va pas , au fond de l’abime lumineux ou il était , elle lui criait , nous avons encore tant de choses à vivre ensemble , ne me laisse pas , nous n’avons même pas commencé à écrire notre vie !

Lui ne l’entendait plus, mais d’autres autour de lui, quelque part ,savaient regarder cet homme et écouter cette femme. Ils ont dit :

"......C’est son cœur qui parle, il est vraiment aimé, si lui ne sait pas à quel point , elle , elle sait qu’il à encore à lui donner beaucoup , ils n'ont pas fini leur histoire .....Allez ,c'est bien ,qu’ils continuent ensemble leur chemin , rendez lui cet homme .

C'était il y a 27 ans , un mercredi matin , à 5h

 

 

 

 

 

Je sais aujourd'hui que ça se passera ainsi, l'Amour sait le faire......

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Angelilie 01/10/2020 17:47

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) A bientôt.

Michel T 06/10/2020 12:36

Merci pour vos commentaires sur mon blog. le votre est très bien aussi car très riche . Je m'y suis promené plus d'une heure sans en avoir vu plus d'un dixième . J'y retournerai régulièrement pour flâner car j'adore les photos que vous y mettez et les textes, bien entendu.
Mon blog est à 95% mon vécu que je raconte comme :
http://surmoncaillou.overblog.com/50a884cb-aeba

Bravo encore vous êtes une belle artiste dans ce que vous faites, j'aime beaucoup...!
Michel

Kermarec 15/02/2013 18:47

La mort m'a dit c'est sur, l'amour m'a dit peut-être.

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