L’expérience de Stanley Milgram (1960) est l’une des plus célèbres de la psycho-sociale. Effrayante et interpellante à plus d’un titre, elle montre que le niveau d’obéissance à un ordre contraire à la morale de celui qui le reçoit est fort élevé…
L’objectif de l’expérience est d’évaluer le niveau d’obéissance à un ordre, même contraire à la morale de celui qui l’exécute.
MODE OPÉRATOIRE
Le dispositif de l’expérience implique trois personnes :
- Un élève, qui va devoir apprendre des listes de mots par cœur. Celui-ci est attaché à une chaise électrique ; il recevra des décharges électriques à chaque fois qu’il se trompe.
- Un professeur, qui est le sujet de l’expérience, qui doit faire apprendre les listes de mots à l’élève et lui infliger des décharges électriques lorsqu’il se trompe.
- Un expérimentateur qui gère l’expérience et qui explique au professeur ce qu’il doit faire ; il représente l’autorité et en a l’apparence (blouse blanche, l’air sérieux et sûr de lui…).
En réalité, les décharges électriques sont fictives, l’élève est un comédien complice de l’expérimentateur.
Le professeur (S sur le schéma) et l’élève (A) sont placés dans des pièces différentes séparées par une fine cloison qui laisse passer les cris (simulés) de l’élève lorsqu’il reçoit les décharges électriques.
À chaque fois que l’élève se trompe, le professeur doit lui infliger une décharge d’intensité croissante :
+ 15 Volts à chaque fois, avec un maximum de 450 Volts.
Plus l’intensité des (fausses) décharges augmente, plus l’élève crie fort, hurle, supplie d’arrêter, dit qu’il veut sortir et arrêter l’expérience.
Le rôle de l’expérimentateur (E) est d’ordonner au sujet-professeur de continuer malgré les cris de l’élève et de le rassurer en lui disant qu’il ne sera pas tenu pour responsable des éventuelles conséquences sur l’élève.
RÉSULTATS :
Lors des premières expériences (il y eut énormément de variantes par la suite), 62,5% des sujets allèrent jusqu’au bout de l’expérience, c’est-à-dire infligèrent trois fois 450 Volts à l’élève.
En d’autres termes, 62,5% des sujets étaient prêts à tuer l’élève uniquement parce qu’on le leur ordonnait et qu’ils ne devraient pas répondre de leurs actes.
La moyenne des chocs fut de 360 Volts.
Cette expérience fut longuement analysée et permit de réfléchir aux notions d’obéissance dans la société… à la lumière notamment des actes commis sous le régime nazi durant la deuxième guerre mondiale.
L’expérience de Milgram a été reprise dans le film «I comme Icare» d’Henri Verneuil en 1979. L’extrait est visible sur YouTube.
Peut-être ,allez vous regarder vos collègues, vos voisins et même votre meilleur ami avec d’autres yeux......
Michel