Le parc et le château étaient mes proches voisins , que d'heures passées en promenade , que de moments merveilleux , il me suffisait de quelques minutes à pied pour qu'ils m'accueillent......
Ô Versailles, par cette après-midi fanée,
Pourquoi ton souvenir m'obsède-t-il ainsi ?
Les ardeurs de l'été s'éloignent, et voici
Que s'incline vers nous la saison surannée.
Je veux revoir au long d'une calme journée
Tes eaux dormantes que jonche un feuillage roussi,
Et respirer encore, un soir d'or adouci,
Ta beauté plus touchante au déclin de l'année.
Ô visions : paniers, poudre et mouches ; et puis,
Léger comme un parfum, joli comme un sourire,
C'est cet air vieille France ici que tout respire ;
Et toujours cette odeur pénétrante des buis...
Mais ce qui prend mon cœur d'une étreinte infinie,
Aux rayons d'un long soir durant son agonie,
C'est ce Grand-Trianon solitaire et royal,
Et son perron désert où l'automne, si douce,
Laisse pendre, en rêvant, sa chevelure rousse
Sur l'eau divinement triste du grand canal.
Cette ombre, qui, de marbre en marbre gémissant,
Se traîne et se retient d'un beau bras languissant,
C'est ce qui vous donne un indicible accent,
Quand un couchant sublime illumine vos glaces !
Albert Samain
