Mon enfance, mon adolescence, mes copains, mes rêves....je ne sais pas ou je vais ranger tout ça pour les retrouver un jour, mes tiroirs ne s'ouvrent même plus.
Je me retourne pour embrasser une dernière fois ma mère , elle pleure, ça ne facilite rien...ais-je seulement voulu que ce soit facile ? moi, je ne voulais rien .
Il est 5h du matin, novembre, o° dehors, mon chien me suit quelques mètres derrière moi , lui aussi sent qu'il va m'oublier ....mon père m'emmène jusqu'à la gare ou je vais prendre un train, puis un autre train, et encore un autre train.
je sens confusément que l'image de ma mère, chez moi, couchée dans son lit ,est la dernière que j'emporte d'elle dans notre maison .
Quand elle partira à son tour, jamais plus elle n'y retournera.
Les mois ont passé , les nuits et les jours ,comme des battements de paupières sur mes yeux devenus secs d'avoir trop pleuré , de ne pas avoir su ou regarder, quoi regarder ....
j'ai appelé ,crié ,tout seul , espérant une réponse de n'importe qui...il n'y avait personne , j'ai du partir ,toujours partir, encore partir, même mort de fatigue, marchant en fermant les yeux.... sans savoir ce qu'il y avait derrière la nouvelle porte que j'allais ouvrir jusqu'à ce que le temps m'amène un jour là, ou je n'étais pas préparé à vivre, c'est au bout de cette route que je dois m’arrêter,il n'y a plus rien devant.
Alors ,c'est bien la fin de mon chemin, je vais devoir boire jusqu'à la lie ces derniers moments de ma jeunesse , après elle sera derrière, pour toujours....
Drôle de fin pour une adolescence improbable....

Que les rues ont été longues pour moi , tous ces après midi ,les Dimanches , ou je traînais mon sac à bout de bras, marchant , éclaboussé , au milieu des balayeurs qui nettoyaient les trottoirs jonchés par les restes des marchés Parisiens , il n'y avait que moi et eux dans ces longs Dimanches après-midi....et Elle, Maman, couchée dans une chambre blanche, seule , m'attendant , au fond d'un hôpital, comme tous les Dimanches .
Elle attendait son petit garçon, qui marchait tout seul , vers elle....comme il avait fait pendant toute sa jeunesse...toujours vers elle.
Oui , j'ai tant révé..... Michel
Petit on ne sait pas que demain existe....tout se vit au présent ,on n'imagine même pas que la vie peut exister sans Maman et Papa, tous les matins sont pareils....
Le jour ou tu reçois les rennes de ton destin parce que le temps ,un jour te les jette dans les mains , tes yeux d'enfant cherche autour de toi, Maman, Papa et au bout de quelques instants tu réalises que tu es seul, tout seul, et pour toujours , il n'y a plus personne de plus ''grand'' que toi , tu ne seras plus jamais le petit de quelqu'un.....
Ca fait mal , très mal,un énorme vide dans la poitrine... le temps n'efface pas tout, il y a des lignes écrites avec un crayon qui ne se gomme jamais....
Michel T
