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Breakfast   at Tiffany's.overblog.com

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"Lorsque tu écris l'histoire de ta vie, ne laisse jamais une autre personne tenir la plume pour toi"


Mes nuits , mes potes, mes années 90......

Publié par Michel T sur 23 Avril 2019, 12:51pm

ça commence bien, vous ne trouvez pas ?

ça commence bien, vous ne trouvez pas ?

L’Avenue Victor Hugo était fraiche, mouillée comme s’il avait plu. Les trottoirs luisaient reflétant les grilles des avant-cours des hôtels particuliers qui s’alignaient comme des vieilles dames endormies sur cette partie de l’avenue .

 

Je regardais ma montre, il était quatre heure vingt ,nous étions samedi matin ,déjà... le ciel était encore bleu nuit avec des franges plus pales  , il me faisait penser à un tapis étalé au dessus de moi entre les deux rangées de toits .

 

L’arroseuse des éboueurs allait tourner à gauche  dans la rue de la Pompe, elle avait fini  la toilette de l’avenue,  nous ,nous allions retrouver ma voiture garée la veille ,cette nuit , dans le parking souterrain au 122

Jack et Abdel marchaient à coté de moi, les mains dans les poches, silencieux tous les deux , certainement encore dans leurs souvenirs de cette nuit, ou la démence et le chic s’étaient invités avec leurs cavaliers d’un soir, le mauvais gout et le raffiné.

 

Le torchon devait bruler entre eux...comme chaque petit matin quand ils revenaient d’une virée improbable , commencée dans l’euphorie et la rigolade mais qui avait dérapé sur les fesses aguicheuses d’un blondinet pommadé ou d’un costaud moustachu aux biceps tatoués.

 

Il faut avouer que nous avions fait très fort cette fois là , et au fait ,comment en étions nous arriver là ,à arpenter l’avenue Victor Hugo à 4h du matin alors que la veille au soir , dans un petit village des Yvelines  ou ils possédaient une coquette auberge 1900 nous étions en train de refaire le monde ,loin de Paris.

 

Nous finissions une soirée calme ,dans un de leurs salons, moi enfoncé dans un canapé Chesterfield Kingstone, au cuir souple ; ma main droite tenait un verre de Southern Comfort, ma main gauche faisait la sieste sur la cuisse de la sœur d’Abdel , Myriam.

 

Et bien hier soir ,vers 22h arriva Dominique, flanqué de son inséparable Claude , tous les deux la trentaine, grands et minces, brun et blond, cheveux courts et cheveux longs, l’un nippé par Ralph Laurens des pieds à la tète , l’autre en Armani...ça se reconnaissait car ça ne lui allait pas du tout...Claude portait aussi bien les costumes Italiens  qu’un Pitbull une nuisette de Victoria secret....

 

De sa voix haut perchée aux intonations sans cesse entre haut et bas, Dominique nous salua très gamin, en nous claquant une bise sonore sur la joue, pour moi et pour Myriam et, par un rapide baiser sur les lèvres pour Jack et plus appuyé pour Abdel....une vieille romance existait entre eux... !

 

Son petit ami Claude, y alla de  son couplet habituel sur tout le bonheur qu’il avait à se retrouver chez Jack et Abdel ,dans leur bonbonnière 1900 si cosy et ou l’on dinait si bien...et il envoya des baisers volants à toute l’assistance...nous étions quatre !

 

Claude, de son nom complet , Claude Hyppolite Gaëtan Charles de Bussières de Neroy de Vestu, que l’on appelait familièrement Claudie ou Hypo , ce qui l’agaçait prodigieusement...nous lança en se laissant choir avec la mollesse d’un papillon fatigué dans un fauteuil club :

-« Alors ,vous venez avec nous bien sûr !!

 

Claude, avait la voix placée dans cette zone magique des fosses nasales, clef de voute de toute une société, et que ne savent plus faire résonner que les dernières familles ou les garçons disent vous à leurs parents et cirent eux-mêmes leurs bottes .

 

Jack  –«  Et ou allez-vous  ???

 

Claude et Dominique , en chœur

-« Au pince-fesses de Frédérique , voyons , que t’es sot !!! Il nous l’a dit au moins dix fois il y a six mois qu’il faisait une sauterie ce soir pour ...pour...le plaisir de sauter , tu le connais , pour sauter elle  n’est pas la dernière !!

 

Éclats de rire général car nous connaissions tous très bien Frédérique et,

sa maman Anita !!!

 

Elle , enfin lui....alimentait les gazettes et les derniers potins avec  ses frasques urbaines .

On l’avait retrouvé il y a six mois , enfin il avait été ramassé ,par une patrouille de la police, alors qu’il descendait au goulot une roteuse de Dom Pérignon , vautré dans la benne arrière d’un camion poubelle , au milieu des sacs en plastiques remplis d’ordures ménagères .

Autour du camion ,les trois éboueurs chantaient ou plutôt hurlaient, bouteilles à la main :

-« Il est des nôôôtres , il a pris son pied comme les autres ♫♫♫♫ !

 

En soi c’est drôle et sain ,et plein de bonne humeur , mais rue du faubourg-st-martin , à 3h du matin ça agace les braves gens qui sont réveillés par la chorale des noctambuléboueurs  dirigée de main de maitre par la baguette ‘’très en forme’’ de Frédérique...

 

 

Frédérique avait un faible pour les ouvriers et tout le bon peuple des bistrots en général.

Quand une envie le prenait, il écumait les routiers, les clubs privés, le soir, le long ou autour des autoroutes dans un rayon de 100 km autour de Paris . Hé, tout seul comme une grande ! pas froid aux yeux la copine ....!

 

 

Un soir , j’arrivais justement dans un de ces établissements avec Myriam ,on avait rendez-vous là avec Abdel, son frère .

 

Qui dit Abdel, dit Jack évidemment . Lorsque nous entrâmes dans le Gastro ,il y avait une dizaine de chauffeurs routiers en train de ‘’casser la croûte’’ paisiblement assis à leur table et ,dans le fond ,dans l’arrière salle , un bruit de corrida ou de match de boxe signalait aux clients que là , on ne mangeait pas , mais on buvait plutôt .

 

C’était pas un ‘’after’’ mais un ‘’before’’ copieusement ravitaillé en bière pression par la patronne qui les amenait par 6 ou par 8 , ne soyez pas étonné , elle avait des  mains larges comme des godets de pelleteuses et il y avait fort à parier qu’elle n’avait pas trop de souci avec la clientèle pour gérer son établissement , rien qu’avec le vent de la paluche,si elle te ratait , tu te chopais une bronchite.... !

 

Certains clients étaient en admiration devant elle....

 

 

On se fraie un chemin jusqu’à l’arrière salle ,et là , au milieu, d’un cercle de routiers et de chauffeurs en tous genres , Jack, en polo rose est en train de faire une partie de Bras de fer  avec le fils spirituel de Stallone et Lino Ventura....impressionnant !!

 

On fait le tour car on a repéré Abdel qui suit le match , au milieu du cercle des chauffeurs , sans rien dire, pas expansif le coquin ,mais je ne voudrais pas visiter son intérieur car à mon avis il est en train de bouillir là-dedans , ça doit être chaud comme une baraque à frites ! Voir son ‘’Binôme’’ faire le beau en public ne l’amuse jamais .....

 

Et voila , claquement des bras et des mains sur la table , Jack s’est fait aplatir par Schwarzenegger , ils sont contents tous les deux l’un d’être battu , l’autre d’avoir battu , et en plus ils s’embrassent , Schwartzi doit faire dans les 1,85 m au garrot ,il doit se baisser , ça ne gène pas Jack qui lui prend la nuque et lui en roule une sans se gêner des hurlements autour , et on commence a entendre des encouragements qui ne vont pas du tout plaire à Abdel .....

-« Avec la langue ! Avec la langue ! Avec la langue !  .

 

Oh là, là , soit Jack se calme , soit il faut trouver , avec beaucoup de tact....un gentil copain de soirée pour Abdel , mais nous ne saurons jamais comment se finira leur nuit car Myriam et moi , étions d’accord pour repartir de l’endroit en laissant les Dupond Dupont trouver seuls la meilleure recette pour finir leur cuisine , chacun son pain et son hareng comme on dit , je ne mettrai jamais le doigt entre l’écorce Abdel et l’arbre Jack ! 

Et savez-vous pourquoi ?

 

D’abord parce que je les aime beaucoup tous les deux et je ne prendrais ni le parti de l’un ,ni le parti de l’autre, mais surtout parce qu’un soir , j’avais trouvé Jack dans une situation identique .

 

C’était chez des amis Corses qui avaient une boite de nuit , enfin...un endroit fermé ou on f'sait des trucs...le long de la N 10 après Rambouillet sur la droite en allant vers Ablis .

Il était en train de ‘’défier’’ avec beaucoup précautions oratoires (pas fou le bougre) ,pour une partie de bras de fer ,un splendide spécimen de 40 ans ,190 cm, et 0,120 tonne ,et ,quand je l’ai attrapé par le coude en lui murmurant :

 

-« Arrête jack , ça sent les embrouilles ton truc, tu vas pas aller loin avec ce lascar , il va mal le prendre et te coller une droite , et toi qu’a un mal fou à cicatriser tu vas être servi !!

 

Jack m’a regardé avec ses yeux noirs , brillants comme de l’anthracite , et il m’a susurré à l’oreille :

-« Sois tranquille, je sais ou je vais, je connais ce genre de bourrin, j’les sens .....Ça roule des mécaniques et ça s’fait baiser comme une reine , ça en redemande même ...t’inquiète pas Mimi !

 

Depuis ce soir là , je ne prodigue plus de conseils à Jack, son radar à bourrins fonctionne très bien, j’l’ai vu à l’œuvre, il est opérationnel !!!

 

La suite demain les Ami(e)s.....

Michel

 

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